J’habite les bords des chemins, la lisière des bois, là où le vent s’attarde et où les cœurs égarés viennent chercher refuge.
On me dit sauvage, indomptable, protégé par mes épines… d’ailleurs je me souviens que les Anglais m’avaient implantés sur leurs Terres au 19ème pour rendre difficile l’accès des beaux domaines aux paysans. Enfin c’est une autre époque, ceux qui me connaissent savent que je suis avant tout une gardienne du cœur.
Au printemps, j’offre mille étoiles blanches, un parfum léger que la brise emporte comme un secret soufflé à l’oreille du temps. À l’automne, mes baies rouges vif nourrissent les oiseaux et les âmes en quête de réconfort.
Depuis des siècles, les herboristes murmurent mon nom avec respect.
Infusée, je calme les battements affolés, j’apaise les cœurs trop lourds, j’accompagne les nuits agitées. Je ne guéris pas l’amour, mais je veille sur lui, comme un rempart contre les tempêtes intérieures. En bourgeon je suis la plante anti-stress, la plante de l’inadaptation à votre Société.
Je suis l’Aubépine, force et tendresse mêlées.
Si tu me croises, arrête toi un instant. Pose ta main sur mon tronc noueux, écoute le murmure de mes branches au vent. Peut-être y entendras tu l’écho de ton propre cœur.



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