On me surnomme le soleil dans la nuit. Je suis le Millepertuis.
Depuis plus de 2000 ans, je veille sur les humains. Jadis, on me suspendait au plafond la veille de la Saint-Jean pour éloigner les mauvais esprits. On me brûlait en offrande au moment du solstice, quand je me couvre de fleurs dorées, comme un feu de joie végétal.
J’ai cette capacité étrange à faire entrer plus de lumière. Rudolf Weiss disait de moi que je rends l’organisme plus sensible à la lumière, que je pourrais même aider à capter plus de soleil. Je ne sais pas si c’est vrai… mais l’idée me plaît : j’aime penser que j’apporte un peu de clarté là où c’est sombre.
Dans les années 90, des scientifiques humains se sont intéressés à moi pour cela. Ils ont étudié mon action sur les états de tristesse, de repli, d’aigreur. J’agis en douceur, mais en profondeur. Je ne chasse pas l’ombre : je l’éclaire.
Je me souviens d’un été où Katia m’a rencontré pour la première fois. Elle avait 22 ou 23 ans, et venait d’être dévorée par les moustiques dans une zone très humide de Lorraine. Une femme attentionnée lui a apporté un gros flacon dans lequel je m’étais laissé macérer dans du schnaps. En une nuit, les piqûres avaient cessé de la tourmenter.
Depuis, elle sait que je suis aussi un allié de la peau : piqûres, brûlures, inflammations… je calme, je répare, je restaure.
Je prends aussi soin du foie, mais ça, c’est une autre histoire…
Et vous, m’avez-vous déjà croisé sur un chemin ? M’avez-vous cueilli, infusé, macéré ?
Je serais curieux de lire vos récits…



Pas de commentaire